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New York se mérite – AAAD #01

J’ai quitté Paris dans un état de fatigue assez avancée. Si j’avais eu l’idée de ce que j’allais traverser durant le voyage vers New York, cela m’aurait paru insurmontable. Parfois lorsque les choses sont difficiles, je repense à Irène, ma prof de danse qui nous disait de résister même si nous avions mal aux muscles, même si nous voulions reposer nos pieds sur le sol et de maintenir notre équilibre. Selon elle, c’est dans l’effort qu’on développe une résistance à l’adversité. Elle ajoutait quelque chose comme : « on ne peut pas se douter de la force qu’on a au fond de soi si on ne va pas la chercher ». Je repense à ces mots quand j’ai envie de déclarer forfait. La journée de transport d’hier illustre bien cette idée de résistance.

Vigie Réveil

J’ai failli ne pas me coucher par peur de ne pas entendre le réveil. Un copain a trouvé que c’était une mauvaise idée. Merci à lui, il a fait la vigie réveil. Je me suis endormie un peu inquiète. Pour moi, ne pas entendre le réveil est une des pires choses qui arrivent dans la vie de tous les jours. Mais à 4h30, je me suis réveillée naturellement. Rachid m’a chanté Alicia Keys puis on est descendus. Le taxi pendant la course m’a avoué qu’il avait failli partir car le délai d’attente avait été dépassé. Il m’a raconté qu’il avait été sollicité par des gens voulant prendre la course en charge. Il a dit niet, un mec têtu. Ne pas le trouver, ça aurait pu être la première péripétie du jour.

Fausses notes x 3

En fin de compte, le premier accroc au programme, ça a été l’agent de comptoir qui m’a demandé d’enlever des choses de ma bien trop lourde valise. J’ai constitué un deuxième bagage à mains avec un sac en tissu bien pratique. C’est finalement passé. Il a un peu fait la tête quand je lui ai demandé de patienter pour que je rédige une étiquette bagage. Mais sans ça, mon arrivée à New York aurait été un cauchemar. Note pour plus tard : se munir d’une étiquette en cuir indéchirable.

Escale. Arrivés à Manchester, nous nous rendons au comptoir de transferts pour faire vérifier notre formulaire ESTA qui nous permet d’entrer aux Etats-Unis. Quand l’agent m’a dit que je n’étais pas autorisée à entrer sur le territoire, j’ai senti comme un poids sur les épaules…  J’avais mal entré mon numéro de passeport… Il y a une solution, ça consiste à se rendre, chargée de trois sacs, dans un Internet café et refaire la demande. Pour ça, il faut aller dans l’autre terminal en passant par plusieurs niveaux, en tournant deux fois à gauche puis à droite… Enfin bref, le truc qui paraît impossible quand on est lasse.

A la première personne que j’ai rencontrée, j’ai demandé mon chemin, il a parlé très vite et l’Internet Café me paraissait encore très loin. J’ai dit « je suis tellement fatiguée, je sais pas comment je vais faire pour y arriver… ». Les larmes ont coulé, il fallait, pour relâcher la pression. Il a dit qu’on allait faire mon ESTA dans les bureaux de l’aéroport, il m’a conduit vers un collègue qui l’a fait pour moi. Ils ont été de grands sauveurs sans vraiment s’en rendre compte car toute démarche me paraissait trop difficile compte tenu de mon état de fatigue. Une fois de plus, j’ai eu de la chance car l’avion pour New York avait été retardé, c’est 5 heures que nous devions attendre entre les deux vols au lieu de 3. Bien utile, compte tenu de cette péripétie. L’attente dans l’aéroport de Manchester a paru moins longue que ce que j’aurais pensé, en quelques dizaines de minutes, j’ai eu l’impression de me rendre à la passerelle qui me conduirait vers l’avion.

En tendant ma carte d’embarquement, la fille a reconnu mon nom. Elle s’est tournée et m’a montré une valise. Oui…c’est la mienne mais que s’est-il passé ? Les Rayons X ont mis leur veto sur son passage en soute ? Elle est finalement trop lourde ? L’étiquette à code barre a été arrachée dans le transfert d’avion. Par chance, la petite étiquette d’Air France écrite par mes soins était restée, ils ont pu me retrouver sur leur liste de passagers. Et grâce à la vigilance de cette hôtesse, j’ai été épargnée d’un énorme problème. C’est là que j’ai compris qu’il faut faire deux étiquettes : une accrochée sur sa valise ou même scotchée et une pour l’intérieur du bagage. Ainsi, si l’étiquette extérieur est partie, il y a quand même une adresse. Ca c’est un Irlandais très gentil de Delta qui m’a donné le tuyau. Il a ajouté : « surtout, mettre son adresse de destination et pas celle de résidence ». Quelle chance j’ai eu… Embarquons et prions pour que ma valise arrive sur le tapis roulant.

Mathieu Raylight

Mon voisin était très souriant. A mon accent, il a saisi que j’étais française et quand il m’a parlé j’ai dû le faire répéter. Les Québecquois ont un accent auquel il faut s’habituer. Margot, une de mes meilleures amies, une voyageuse hors pair me l’avait dit: tu vas rencontrer des gens dans l’avion, c’est un des moments sympas de ton voyage. Quelle chance, j’ai eu d’être à côté de Mathieu.

Même si j’étais dans les derniers rangs et que les turbulences ont été du voyage. Même si l’enfant derrière moi a fait bouger mon siège durant toute la durée du voyage en appuyant sur l’écran tactile devant lui comme une petite brute. Malgré tout ça, je n’aurai pas changé de place. Avoir Mathieu à côté de moi, c’était rassurant. Il était tellement souriant et gentil. C’est le compagnon de voyage qu’il me manquait. On a un an de différence. Lui voyageait pour affaire, mais il avait cette décontraction qui doit être naturelle chez lui, on a sympathisé. On a discuté des différences culturelles de nos pays, il m’a demandé à quel âge les jeunes quittaient la maison, à quel âge les gens avaient leur premier enfant. On a eu plusieurs éclats de rire sur les expressions québecquoise et on a trouvé les équivalents français.

C’était intéressant parce que lui non plus il ne connaissait pas des mots comme « apéro » ou « blog ». Non, apéro c’est improvisé, c’est juste après le travail, avant le dîner. Non ce n’est pas comme une fête, ça ne s’organise pas. « Mais, vous autres, vous avez besoin de combien de temps pour organiser une fête..? ». Et voilà une autre différence culturelle : à Montréal, une fête peut s’organiser en 48 heures. Lui m’a brieffé sur les mots, que « nous autres » comme il dit, ils emploient. Merci de m’avoir fait rire avec les « breuvages » et le reste, Mathieu. On reparle de nos échanges dans une vidéo que Mathieu a accepté de faire. Mathieu Raylight (nom de famille fictif), merci pour tout.

Sonder sa peur

Margot m’a aussi dit qu’il se peut que j’ai un peu peur à un moment. Pour elle, ça été à l’aéroport quelques heures avant le début de son Tour du Monde de jeune mariée. Alors, j’ai cherché, je me suis demandée quand allait arriver cette peur… ? A JFK, toujours pas de peur. Dans le taxi que j’ai partagé avec une Française venue faire un échange linguistique dans une famille d’accueil, toujours pas de peur. Je suis arrivée dans l’appartement à 17h30 heure locale, 23h30 en France. La journée avait commencé à 5 heures le matin. Alors quand le détecteur de fumée a fait des siennes, sonnant toutes les minutes, là j’ai eu envie de pleurer. Et je me suis sentie très seule.

Finalement quand on arrive dans un hôtel, on est accueillie, il n’y a plus qu’à poser sa valise mais là j’ai dû prendre l’appartement en main. Trouver le propriétaire ; ouf, on a géré le détecteur en le condamnant, il y en aura un nouveau aujourd’hui. Dimanche..? Pas de considération du dimanche aux Etats-Unis. Bonne nouvelle. Je hais le dimanche, ce ralenti imposé à la population française. Socialement, c’est bien, ça profite à la vie de famille, ça permet aussi d’autres trucs dont je ne développerai pas l’objet ici mais pour moi qui n’aime que les temps morts que je décide, c’est un des inconvénients de la vie en France. Maintenant, je vais passer un mois dans la ville qui ne dort jamais. La chance que j’ai c’est que je ne vis pas dans Manhattan et que, moi, si je souhaite me reposer, il y a du silence.

Enfin ma première journée à New-York

Il est 7h49, je suis réveillée depuis environ une heure. Je vais aller faire un tour dans le quartier, un café, un truc pour petit-déjeuner puis on verra bien la suite. Hier soir, j’étais triste de ne pas vivre les premiers instants de découverte. Je me sentais mal de n’avoir fait qu’un trajet aéroport-appartement et de devoir déjà me mettre au lit. Je crois surtout que je me sentais seule…

J’ai dû aller sonner chez les voisines pour une ultime péripétie. Elles ont été plus qu’accueillantes, elles m’ont fait un bien fou. On est restées une demi-heure ensemble à discuter de ce que je venais faire ici, d’elles. Caroline et Maggie sont encore dans le processus de découverte de la ville, elles sont arrivées il y a sept mois. Ca risque de nous rapprocher. Caroline a trouvé l’idée de ce blog génial. « Ne t’inquiète pas, tu pourras écrire tous les jours, compte tenu de tout ce qui va t’arriver ». Maggie a renchéri puis Caroline a dit qu’elle regrettait de ne pas avoir tenu un journal à son arrivée à New York. Merci Caroline, merci pour ces paroles, c’est exactement la raison pour laquelle j’ai eu envie de faire ce blog. Je vous promets, demain, ce sera plus synthétique. Et surtout, je vous parlerai de New York, mes histoires de transport ça n’aura intéressé que les proches.

Il est 7h57 et New York m’attend.

You have to deserve New York – AAAD #01

NB for French people : la version française est ici

I left Paris really really tired. If I have been noticed about what will happen during my travel to New York, I’d have been desperate. Sometimes when things are difficult, I’m thinking about what my dance teacher Irene used to say when we were practicing through pain. She was saying that you can’t feel how strong you are if you’re not practicing when you’re about to collapse. I’m thinking about those words when I’m about to abandon something. What happened yesterday makes me think about what Irene used to say.

Alarm-clock watcher

I was about to stay alive in order to be awake at 4 :30 AM. A friend thought my travel will be too difficult in that case and came to sleep at home to be an alarm-clock watcher. Open my eyes and discovering that I did’nt wake up is one of my big fear. But, at 4 :30 AM, I was awake even without hearing the delicate song of Rachid’s phone. Then, Rachid sung for me Alicia Keys and we get out. The taxi driver said to me that he was just about to leave when I came to him. He has even been offered to pay for his charge by other travellers in a urgent need of a cab. He said no. Didn’t find him would have been the first issue of the day.

Issues x 3

 

Actually the first issue occured at Charles de Gaulle when the Air France employee asked me to withdraw things from my huge heavy suitcase. I’d put stuffs in a second hand luggage and he felt that the weight was now reasonnable. I begged him for adding a name label to my suitcase. Fortunately he accepted to wait for that. Without that piece, my arrival in New York would have been a nightmare. For the future: buy a solid label.

Transfert. Arrival in Manchester, we were going to the transfert desk in order to have our ESTA apply checked. The employee said to me I will not be authorized to enter America. I’ve made a mistake filling the application.  I felt totally desperate. There was something that I could do : it consits to go to the Internet café in an other terminal with my three bags, step to one level then to an other one several times, turn here and there and… Some stuffs that appears totally undoable when you are exhausted.

I asked the first person that I met where I had to got. He spoke so quickly that the Internet Cafe seemed really unreachable. I’d just said : « I’m sorry, I’m so tired, I don’t know how I possibly could do that ». Then, tears on my cheeks, it was a need in order to let the pression goes down. He offered kindly to help me. He said to me that I’m gonna have my ESTA apply done in an airport office. He drove me to a collegue who made the application for me. The two have been some heros to me, I was so in need because of my tireness… One more time, I’d been lucky : the New York plane had been delayed. We were supposed to wait for 3 hours, now it’s 5 which had been really nice considering my ESTA issue. Finally, waiting in Manchester airport seemed really quick.

Presenting my boarding card, the lady discovered that the lost luggage’s mysterious passenger is yet arrived. Yes, this belongs to me but what happened ? Had X-ray been putting a veto to my coming ? The suitcase is actually too heavy ? Finally, the company label had been removed accidently. I’d been lucky, the label I’d just put three hours before, begging the employee, was ok. They had the chance to find me on passenger’s list. And now, I know that you need two labels for your suitcase. One on the luggage and one on the top of your clothes in it. Thus, as said this kindly Irish Delta Airlines employee, you could be found even if the label had been removed. He adviced to mark your final destination adress and not your home’s. I was so lucky. I hope my suitcase will be ok.

Mathieu Raylight

The passenger next to me was really smilly. My accent helps him to find where I come from. He spoke me French but I neeeded him to repeat his words. Quebec people have this accent you have to be used to hear before understanding their words well. One of my best friends, Margot, said to me that I’m gonna meet people in the plane which is a really pleasant moment during your travel. I was so lucky travelling next to him.

Even if I was sitting in the back of the plane which has not been a good thing during the motions. Even if the boy in my back was annoying me touching the pad on the back of my seat. Even after all, I would not have exchanged my room. Being next to Mathieu has been a release during that long long travel. He was smilly and kind, exactly the travel friend that I did not have next to me. There’s only a one year gap between he and me. He was travelling for business but he had that way of being that must be natural when you’re him and we chat nicely. We spoke about the cultural gap between our countries. He asked me at what time did young people are taking their independance, at what time did they have their first child. We have laught about his quebecquian expressions and we found the French equal words.

This was really interesting, because neither him knows some words like « apero » or « blog ». I explain to him : « Apero, it’s something you’re making impro, it’s just after work, before dinner. It’s not like a party, it must been no organized ». « But, you need how many time to organize a party ? », he asked. And then, a new cultural gap : in Montreal, a party can exist thanks to only an amount of 48 hours. He helped me on words that French are not using. Thanks for making me laught with the « breuvages » (that means soft drinks) and the rest, Mathieu. We recorded a video about that. Mathieu Raylight (fictive last name), thanks for everything.

Dumping one’s own fear

My friend Margot also said to me that I would feel a bit afraid at one moment. For her, it has occured at the airport before her bride’s world travel. So, I checked, I asked myself when this gonna occurs… ? At JFK, no fear already. In the cab shared with a French girl travelling thanks to a family that welcomes her, no fear. I arrived in the flat at 5.30 PM, local time, it t-was 11 :30 in France. The day had begun at 5 in the morning. So when the smoke watcher was ringing loudly every minute, I was about to cry. And I felt really lonely.

When you check in a hotel, you’re welcomed, you just have to drop your luggage into you room. That time, I had to fix some things. Find the owner. Yeah, we finally succeed in stopping the smoke watcher. There will be a new one today. It’s Sunday but it’s not a country where people are not working on Sundays. Good news, I hate Sundays, this quiet day during which you can’t do all the thing you want when you live in France. Socially, it’s nice, it offers people to enjoy a family day and it helps them with other stuffs I’m not gonna develop here. I’m not so keen on dead times, for me that’s one of the awkwards of living in France. Now, I’m gonna spend one month in the city that nevers sleep. The nice thing is that I’m not living in Manhattan so, if I want to sleep, it’s quiet.

Finally, my first day in New York

It’s 7 :49, I’m awake since one hour. I’m gonna go in the neighbourhood finding a coffee place and then we’ll see. Yesterday evening, I felt sorry to not have visited some places. I felt unwell to have only see the city through an airport reaching home balad. I needed to sleep and I did not want to. I think that I was feeling too much alone…

I needed to go to the neighbours for an ulitmate issue. They have been more than warm to me. They gave me something I need : words. We stayed half an hour together chatting about what I’m doing here, about their life in New York. Caroline and Maggie are still in the New York discovering process. They arrived seven month ago. I think it will helps to make us know each others. Caroline felt excited about that blog. « Don’t worry, you’ll be able to write every single day considering all the things that will happen to you ».  Maggie approoved her and Caroline said that she was feeling sorry not had written words about her New York arrival. Thanks, Caroline, thanks for those words, that’s exactly why I’ll be doing this blog. I promise, tomorow, my words will be more synthetic. And moreover, I’ll speak about New York coz my travel stories might have only interest my folks.

It’s now 7 :57 AM and New York is waiting for me.