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Ce n’est pas un mirage – AAAD #06

Avant de partir, quand je parlais de New York, il y avait ce refrain dans ma tête de Joe Dassin, ce rêve américain qui hante l’inconscient collectif. Je m’étais préparée à être déçue. A vrai dire, les mœurs américaines ne me tentaient pas tant. Je ne pensais pas trouver des gens aussi heureux de vivre et prêts à donner un peu d’eux-mêmes à chaque coin de rue.

Avoir vécu à New York pendant un mois, c’est découvrir Paris sous un autre jour. Je connais beaucoup de gens qui vivent à l’étranger et les critiques sur la France que je détestais les entendre faire, je peux désormais les comprendre.

Je ne pense pas avoir rêvé et je ne crois pas avoir vécu les choses par hasard, je suis en mesure de faire une généralité à l’emporte-pièce : ici les gens sont heureux. Pourquoi sont-il heureux ? Pas parce que leur vie est facile et jolie. Mais parce qu’ils se battent pour réussir leur vie et qu’ils font en sorte de cueillir les bons moments sur un rien, une conversation, un hug échangé, des rires. Ils ne comprendraient pas notre système social fondé sur la solidarité et l’assistance. Pour le premier item, je ne voudrais pas changer les choses, favoriser le rebond dans les coups durs, c’est sain. En revanche, maintenir en dépendance ceux que la paresse envahit c’est une chose me remue et cette fois encore plus, maintenant que j’ai vécu la vie américaine.

Mes voisines par exemple. Elles sont venues de Pennsylvanie et de Caroline du Sud pour être comédienne. Elles travaillent dans un restaurant de Time Square et l’argent qu’elles gagnent vient uniquement des pourboires. Ca n’arriverait pas en France et tant mieux car c’est très précaire comme situation professionnelle ; ne jamais gagner la même somme est insécurisant. Mais ça force à redoubler d’efforts pour gagner son pain. Et la logique veut que lorsqu’on a travaillé dur, suive un sentiment de self-esteem. On sait tous que le self-esteem influence notre rapport aux autres. Une personne bien dans sa tête sera bien plus ouverte aux rencontres que quelqu’un qui souffre le regard des autres. Cet équilibre interne est palpable : les gens parlent entre eux tellement aisément.

Aujourd’hui, j’ai partagé des moments spéciaux avec tant de monde… C’est pour ça que cette journée était spéciale ; la rencontre c’est ce que je viens chercher en voyageant. Cette logique m’enclint à ne pas aller voir l’Egypte par exemple, voyage excavation par excellence. La découverte d’un patrimoine enfoui, certes passionnant mais les gens, leurs mœurs, leurs habitudes culturelles, une fois le Caire loin, aucun moyen d’y accéder.

Mardi soir, je suis allée voir une comédie musicale. Une amie des voisines m’avait conseillé un « musical » moderne que j’allais adorer, c’était sûr. « C’est hip-hop et salsa en même temps », déjà rien que ce résumé de « In the Heights »  j’aimais bien c’était sans connaître l’histoire qui allait me saisir. J’ai tellement adoré que j’ai voulu revoir le musical le lendemain mais dommage, pas de show. Tant mieux sinon je n’aurais pas rencontré toutes ces personnes aujourd’hui.

Le truc à faire quand on veut voir une comédie musicale c’est la loterie. Tout est expliqué ici pour ceux qui souhaiteraient mettre le sort de leur soirée sur un ticket jeté dans un seau. Deux heures et demie avant le début du show, on écrit son nom sur un papier, une demi-heure plus tard, tirage au sort et sont appelés à se présenter, ID à la détente, les heureux élus. Ils auront la possibilité de voir le show au premier rang, celui qui n’est pas vendu car on manque un peu de recul. Pour 26,50$ ils seront aux premières loges et la magie de la chose est de savoir que c’est la chance qui a voulu ça. J’adore ce principe de loterie.

Le premier soir je n’ai pas gagné la loterie mais j’ai acheté des places pour un prix très modique. C’est très américain, puisque tu as tenté ta chance de gagner on te valorise pour ça et tu as la possibilité d’acheter les dernières places invendues pour le tiers du prix originel. Pour 41,50$, j’étais sur la mezzanine juste derrière l’orchestre, une superbe vue mais pas autant que celle du jour. Pendant la loterie, j’ai repéré cette maman et sa fille entourée de bagages et je sentais qu’elles avaient vraiment très envie de gagner. Quand leur nom a été tiré, j’ai sauté de joie pour elle. Puis j’ai couru vers le guichet pour avoir les derniers sièges encore en vente ; heureusement je n’ai pas couru trop vite, il y avait des gens devant moi.

Un des employées du théâtre qui me voyait là pour la troisième fois est venu me proposer des places que certains gagnants avaient abandonné. Ainsi, j’ai gagné la loterie et le droit de voir le show au premier rang. C’est moins marrant que d’entendre son nom crié tout haut mais j’étais tout de même surexcitée…

Mardi soir, avant de rejoindre quelqu’un sur les coups de minuit (normal, c’est New York, à toute heure il se passe quelque chose), toute enthousiasmée par « In the Heights », j’ai fait du shopping à American Eagle Outfitters. Le client a la possibilité d’avoir sa photo sur le mur de lumière qui donne sur Time Square. J’ai préféré attendre le jour pour ça. J’y suis retournée et les vingts caractères qui accompagnent ma photo sont tout simplement l’URL du blog, à un caractère près, c’était parfait.

J’ai grimpé les marches du McDo situé juste en face de l’écran pour atteindre l’étage d’où je pourrais prendre photo et vidéo. Une fois ce forfait accompli, j’ai snobé le Starbucks et sa connexion Internet tellement tentante pour entrer au Planet Hollywood, probablement l’endroit que je fréquente le moins à Paris mais comme je veux la faire à l’américaine ici, je me suis « forcée ».

Des chaises hautes, un bar gigantesque, j’ai aimé. En France, je ne m’assiérai jamais seule au bar, les hommes peuvent penser que c’est un appel à la conversation mais a New York, en un mois je l’ai senti, la drague n’est pas de mise. Les rapports hommes-femmes sont sans ambiguïté. Le barman a voulu voir ma carte d’identité. Comme j’ai 29 ans, ça m’amuse toujours qu’on me la demande. Il y avait une fille seule à côté de moi et j’ai partagé mon sentiment avec elle. On a commencé à parler. Même si je fais en sorte de m’habiller comme à Paris, il suffit que je parle pour que je sois découverte : je ne suis pas d’ici. J’aime ça, ça m’offre la possibilité d’engager la conversation avec des gens passionnants. S’en suivent en général des échanges sur la France, les Français, Paris, des questions sur la manière dont les Français perçoivent les Américains… Passionnant.

Ma voisine de bar est mexicaine, elle a 30 ans, est architecte et comme moi elle est venue à New York seule et nous avons vécu la même chose : sentir la ville, prendre le pouls du quotidien new-yorkais (running, piscine, laverie, supermarché, salon de beauté…). Pas de visites touristiques pour Marcella non plus. Elle regrette que nous ne soyons pas tombées l’une sur l’autre avant et propose qu’on sorte. Bien sûr, pour moi c’est toujours ok. On va toutes les deux à nos spectacles respectifs et on se fixe rendez-vous à 23h30 dans Time Square. Ce rooftop que je rêvais de faire en bonne compagnie, ça va être pour ce soir !

En arrivant à ma place dans le théâtre, je craignais le pire, le coin excentré d’où je ne verrais rien et là surprise : premier rang et qui sont mes voisines ? La maman et sa fille. Elle au téléphone : « Yeah, it’s amazing, like I can touch the stage from my seat. Oh honey, I have to go, there’s the other winner who arrives… ». Parler avec des inconnus et les revoir quelques temps après, ça m’arrive tout le temps ici. Peut-être parce que je parle beaucoup plus avec des inconnus ici qu’à Paris où je sens un climat d’inquiétude constant. Rien que de repenser à la manière dont les gens vivent les uns avec les autres dans un lieu aussi bête que le métro, ça me chagrine. Ca va être très dur de revenir à Paris quand on a vécu Disneyland pendant un mois.

Avant que le show commence, nous avons beaucoup parlé avec Linda qui venait installer Zoé fraîchement arrivée pour ses études. Elles m’ont envié sur mon échange d’appartement, sur ma découverte de la ville. Comme moi, elles ont adoré le show et nous avons voulu continuer la conversation dans un déli.

Linda est costumière pour la télévision à Los Angeles. Cela va en faire rêver plus d’un mais elle a travaillé deux ans sur les plateaux de SCRUBS. Nous ne connaissons pas du tout mais elle a partagé avec moi ses problèmes de santé qui lui ont ouvert de nouveaux horizons pour respirer la vie à pleins poumons. J’ai approuvé en parlant de mes drames qui font que l’enthousiasme est toujours là chez moi. Nous avons vécu un moment très spécial lorsque nous avons échangé sur la perte de notre mère et Zoé qui avait elle aussi les larmes aux yeux car sa maman l’année dernière, elle a failli la perdre, elle aussi. Ce genre de choses arrivent-ils en France… ? En 29 ans, je ne crois pas avoir échangé des moments aussi forts avec des inconnus dans mon pays. Ces sentiments exacerbés, cette sympathie originelle pour autrui, c’est ce que j’aime des mœurs américaines. Et si je veux revenir à New York, c’est principalement pour ça. La ville est démentielle, tout est émerveillement mais les gens qui la traversent, c’est vraiment ce qui fait sa valeur.

Malheureusement, j’ai dû partir tôt pour retrouver Marcella. Linda et Zoé si j’arrive à me lever pas trop tard, je vais les retrouver aujourd’hui vers 14 heures. Qu’elle n’a pas été ma surprise quand j’ai vu débarquée Marcella en mini-robe noire drapée, cheveux bouclés savamment travaillés, boucles d’oreilles opulentes le tout dans un choix d’accessoires dorés (bijoux, pochette, chaussures) qui rappelait un détail de sa robe. Un point commun, on fait pas les choses à moitié. Rien que de connaître sa situation professionnelle, je sais déjà que Marcella est spéciale. A 30 ans, elle est architecte, voyage dans le monde pour des négociations, ça plaisante pas.

En haut du 230th situé sur Fifth Avenue, j’ai la chance d’avoir une vue sur l’Empire State Building et sur le tout Manhattan midtown. L’éclairage est tamisé, il donne à la soirée cette touche inoubliable. La lumière, une obsession chez moi… Je propose de s’asseoir parce que les talons hollandais que j’ai souhaité étrenner à New York (fétichisme du souvenir) ils me font souffrir. Et on s’oriente vers une table vide entre des tables occupées.

Aux Etats-Unis, j’ai appris à être très prévenante. C’est une honte d’être un poids pour l’autre. Encore une différence de mentalité entre la France et les Etats-Unis. Aussi, j’ai demandé si je pouvais fumer. L’accent de mon voisin m’a conduit à dire: « vous êtes français ? », « no, espanol ! » et là, énorme sourire de Marcella de dire qu’elle était méxicaine. Je viens de réaliser, elle est comme moi, elle doit apprécier parfois parler sa langue, voilà pourquoi elle paraissait si heureuse. Moi ce soir, j’ai surtout écouté Ivan, Ignacio et Marcella parler. J’avais oublié à quel point l’espagnol est une langue charmante. Ils font du business avec l’Italie. C’est vrai que lorsqu’Ignacio m’a parlé en italien, j’ai vraiment adoré. Tous les deux étaient très beaux, très smarts, très gentils. Une soirée comme ça en France aurait terminé par une tentative de rapprochement plus ou moins malvenue. Rien et c’est agréable. A New York, c’est la première fois que je ne me sens pas un objet sexuel pour les hommes. Il y a du respect instinctif, je ne saurais comment expliquer. Peut-être est-ce parce que les femmes s’habillent très féminine, alors une robe un peu au dessus du genou et des hauts talons ça cherche pas l’embrouille comme à Paris.

Cela fait deux soirs que je rentre en métro à 3 heures du matin et que je me sens en complète sécurité. Peut-être même plus qu’à Paris en plein jour. Je m’en veux un peu de faire toutes ces comparaisons négatives entre Paris et New York, ça sonne carte postale pastelle qui n’a rien à voir avec la vraie réalité. Je ne saurais pas trop comment l’expliquer mais ici, je me sens dans mon quotidien, je ressens les choses comme si c’était ma vie de tous les jours.

Ce que j’ai vu ne me semble pas être un mirage. Je ne rêve pas New York, cette atmosphère friendly, ce sentiment que tout peut arriver à chaque seconde grâce aux gens, c’est unique et voilà pourquoi je veux revenir. Et qu’on ne vienne pas me dire que j’étais en vacances et que vivre le quotidien sera autre chose. J’ai mis tout en œuvre pour la vivre la vie new yorkaise. Fanny qui est en ce moment en France, chez moi et qui a vécu le quotidien d’une française fraîchement débarquée m’a même donné le label intégration…

Time Flies – AAAD #05

Il était question d’une pomme par jour. C’était un très haut objectif mais il ne me semblait pas difficile à respecter. Les premiers jours, c’était le cas même si le temps m’a déporté comme une bourrasque sur le coté. Je me sens coupable alors je vais quand même essayer de justifier mon échec. Il y a eu des embûches : pas de Wi-Fi pendant une semaine, une crise à gérer ici qui m’a fait perdre mon mojo. Parce que le mojo les trois premiers articles, il était bien là. L’excitation de publier, de réécrire l’article en anglais pour que les gens que je rencontre ici puissent le lire eux-aussi.

Et puis, j’ai perdu le fil. Une semaine après être arrivée, je me suis détournée du chemin que je m’étais tracé. Une ligne bien droite sur lequel on déposait un caillou chaque jour pour que les lecteurs soient au courant de la vie ici. Mais finalement, je me suis rendu compte que mon quotidien, il n’était peut-être pas si intéressant. Que cela n’amuserait que certains proches de savoir que je me défie à ne pas me couvrir de mon pashmina dans le métro tout ça pour jouer l’immersion jusqu’au bout. J’ai senti que mes articles allaient prendre un virage trop personnel et ça m’a freiné.

Ecrire tous les jours c’est déjà difficile en temps normal quand ce n’est pas son activité professionnelle mais comment je pouvais oser imaginer arriver à ce but en vacances sans lâcher prise… ? Quand j’ai commencé à organiser mon mois à New York, la question qui surgissait tout le temps, c’est « comment vas-tu occuper ton temps… ? » Aucun problème de ce coté-là, l’ennui c’est quoi… ? En revanche, l’inactivité professionnelle me posait problème voilà pourquoi j’ai nourri ce projet. Il y a eu plein de moments formidables dans le cadre de ce projet mais d’autres aussi constitués de honte, de culpabilité. Entre les deux sentiments, j’ai dû trouver une ligne médiane. Reconnaître mon erreur de jouer la diachronie quand la synchronie est beaucoup moins aliénante. On commence à prendre un puis deux jours de retard et les jours s’accumulent et ça devient ambiance tonneau des Danaïdes. Quoiqu’on fasse, on ne rattrapera jamais le retard.

Le problème c’est qu’un mois c’est très court, pas le temps pour tergiverser et je regrette très sincèrement d’avoir eu ses états d’âme (culpabilité, sentiment d’être débordée) et de ne pas avoir trouvé la solution plus rapidement. En une phrase je dirais aussi qu’il y a eu aussi un problème personnel à gérer qui a fait beaucoup dans la déviation du droit chemin.

Ca c’est pour ce que j’avais prévu et qui n’a pas fonctionné comme je le souhaitais. Ce que je n’avais pas prévu, c’est que toutes ces photos que je prends, tout ce qui m’émerveille ici va continuer à m’inspirer même quand les euros auront retrouvé leur place dans mon portefeuille. Rien que sur le fait de payer avec des dollars, je pourrais en parler tellement longtemps. Voilà ce qu’il fallait faire depuis le début, écrire des billets d’humeur pas un carnet de voyage…

Parce qu’ici aussi, tout ce que vous rêvez de faire à New York et bien je ne l’ai pas fait. Nous sommes le 26 août. Samedi je serais arrivée il y a un mois et je ne sais toujours pas si le Brooklyn Bridge est si impressionnant qu’il paraît. Ca s’applique aussi à Ellis Island, au Rockfeller Center, à l’Empire State Building et au Metropolitan Museum.

En revanche, je sais quels sont mes endroits préférés. Parmi eux, il y a East River Park, Bryant Park, Union Square où je trouve toujours un prétexte pour descendre et j’ai même fini par m’habituer à l’opulence de Time Square. Ce côté carte postale pour touristes qui m’avait tant dégoutté en arrivant n’est plus, maintenant c’est devenu un quartier où il m’arrive de passer. Car c’est ce que je voulais faire de New York, je voulais que ce soit ma ville, pas une ville que j’arpente en birkenstock comme un touriste ingurgiteur.

Ici, j’ai tout fait pour jouer l’intégration. J’ai voulu vivre à la new-yorkaise. Aller à la piscine, au supermarché, dans les papeteries, les magasins pour animaux de compagnie, ceux qui vendent des articles sportifs. J’ai fait du sport devant un DVD de cheerladders. Et ce qui m’a ébahi parce que ce sont les mœurs américaines que je vois sur l’écran, j’aurais trouvé ça pitoyable si la dame avait dit : « avec les filles, on est super contentes de vous avoir avec nous aujourd’hui. Et maintenant la torsion sexy… ». Ca en anglais, c’est tellement enthousiasmant.

J’ai adoré acheter un cadenas pour aller à la piscine et ne pas savoir comment l’utiliser. Et me faire piloter par une maman séchant son petit garçon sur la manière dont il fallait que je tourne deux fois puis jusqu’à 29 à droite et 7 à gauche etc… Tout est ébahissement ici, ne serait-ce que sur l’habitude du Take Away. Les gens mangent à n’importe quelle heure, n’importe où car la vente à emporter est une manière de vivre. Ca me met mal à l’aise car ça veut dire beaucoup de cartons utilisés pour satisfaire des besoins primaires mais j’ai dû m’y habituer dès que je suis arrivée : le gaspillage est une notion qui ne chagrine pas vraiment ici.

Evidemment, il y a des poubelles de recyclage dans la ville mais la politique de recyclage propre aux résidents n’est pas uniforme, c’est à la collectivité de décider. Et puisqu’on parle des déchets, ici la gardienne n’a pas à se casser le dos pour déposer un container dehors, il y a des jours pour déposer son sac poubelle sur le trottoir. Et les éboueurs passent dans la nuit et jettent des poubelles nauséabondes qui ont pris leur bain de soleil. Je les ai vus travailler la nuit dernière en rentrant d’un bar trendy. Il était 4 heures du matin, je sortais du supermarché. Pas de l’épicerie. Du supermarché, le CVS qui m’a tant amusé pendant ces vacances. J’ai parcouru tant de fois ses rayons. Explorer un supermarché, c’est comprendre les mœurs du pays. Voir dix modèles différents de fer à lisser, des rayonnages à perte de vue de cartes avec possibilité d’adresser une carte spéciale tantes, cousines, frères…

J’ai compris dans ce supermarché que tout est fait pour pallier à la demande du consommateur. Un tiers du magasin est consacré aux médicaments, en complet libre accès. C’est une des premières choses que j’ai photographiées ici, le dimanche après la clé dans la serrure de l’appartement. Celui où j’étais triste d’être arrivée la veille pour me coucher sans découvrir Manhattan. La première plongée sur les mœurs américaines, je l’ai faite dans un supermarché CVS du Queens.

Parfois je regrette de ne pas avoir pris plus de temps pour faire du tourisme. Je ne regrette pas par raison, je regrette à l’avance. Je me dis dans quelques semaines ce que je n’ai pas vu de New York, je m’en voudrais. Mais pour l’instant, alors que je suis encore ici j’ai mené ma découverte de New York selon un schéma bien précis. Pas question de faire de la boulimie et de passer sa vie à faire des sauts de puce entre des pages de guide touristique qui prendrait forme en 3D. J’ai poussé le truc jusqu’au bout. Si j’allais dans un endroit, c’était pour une raison, pas de la visite pour de la visite. Une envie de se promener mais pas question de faire des croix sur un papier. Metropolitan : check. Ellis Island : check.

Le meilleur exemple c’est ce que je vais faire samedi, le 28 août, deux jours avant mon avion. Même si j’ai fait en sorte de ne pas programmer mes journées, de me laisser aller à l’envie de l’instant, j’avais envisagé aller sur Governor Island dimanche. Mais il a plu. Alors, j’ai opté pour les cheerladders et Twitter puisque je ne pouvais pas sortir. La journée s’est terminée par la corvée que je déteste tant à Paris et qui pourtant ici a été un bonheur, la laverie. C’était un dimanche qui ressemblait bien à une vie de new-yorkaise et bien ça m’a plu. Alors Governor, il fallait remettre ça au week-end prochain puisque les ferries pour y aller ne fonctionne pas la semaine.

J’ai un problème dans la vie : à cause d’un trop grand espace-temps à ma disposition, je suis devenue une adepte de Twitter. Parfois, c’est un problème quand je suis assise par terre à côté de la prise électrique alors que l’Ipod touch se recharge et qu’il est 4 heures du matin. On est beaucoup à avoir connu l’addiction de la nuit du clip M6 : quel sera le prochain ? Et si jamais, c’était celui de Ah-Ah, mon clip préféré ever… ? C’est comme une chaîne de télévision Twitter, sauf qu’il y a de multiples participants et rien que de vous expliquer comment ça marche ça me met en joie tellement j’adore ça. J’étais à New York tout le mois d’août alors suivre le compte Twitter du New York Times et de Time Out me paraissait d’une logique évidente. Et lundi soir, un lien m’a envoyé vers cette information de la plus grande importance : festival hip-hop sur Governor Island samedi. Et quand j’ai vu que je serais toujours habitante de cette île qui me tente tant, j’ai pas hésité. Un festival de musique, une chose de plus de vrais new-yorkais.

Ce festival sera un souvenir mémorable, voir tous ces artistes dans un tel cadre va me bouleverser mais je dois quand même avouer que je préfère encore le Fest Noz de Concarneau avec les meilleures amies ou le festival montée ex nihilo de nos propres mains lors d’un week-end à la campagne avec ma troupe. Car ces moments bien que peu exotiques étaient immensément grands car je les ai partagés. L’endroit où l’on est n’est pas le plus important c’est ceux qui nous accompagnent qui comptent. Et voilà le pan à résonance déceptive de ces vacances. Dominer New York du haut de Rockfeller, j’en rêve, vous n’avez pas idée, je suis comme tout le monde, ça m’émeut. Mais je préfère attendre de savourer ce moment à plusieurs. Ca peut paraître cérémoniale tout ça mais c’est comme ça. Sur certains trucs, les idées sont arrêtées et sur le partage, j’ai de grandes théories.

Alors oui, c’est décevant de ne pas partager ça mais je ne changerai pas la partition. Venir à New York seule c’était mon rêve. Il y a eu des moments très durs à surmonter quand j’ai été assaillie par un problème personnel. J’étais seule et les gens d’ici même tout bien intentionnés ne pouvaient rien pour moi. Malgré ça, je ne voudrais qu’il en soit autrement.

J’en suis à prendre les panneaux du métro en photo, tellement je sens déjà la nostalgie m’envahir. Ne plus lire de l’anglais toute la journée. Ne plus PARLER anglais, ne plus faire des liasses de one dollar, vingt dollars, ne plus sourire et déborder d’enthousiasme à l’américaine pour rien. J’ai très peur de pleurer New York. J’ai envie de rentrer, il y a beaucoup de choses de chez nous qui me manquent mais je le sais au plus profond de moi, il y a quelque chose de New York en moi. Et je reviendrai le trouver aussi souvent que je le peux. Et si je peux continuer à caresser ce rêve qui m’a habité une semaine ici, je le ferai. Exercer mon métier de journaliste à New York.

New York se mérite – AAAD #01

J’ai quitté Paris dans un état de fatigue assez avancée. Si j’avais eu l’idée de ce que j’allais traverser durant le voyage vers New York, cela m’aurait paru insurmontable. Parfois lorsque les choses sont difficiles, je repense à Irène, ma prof de danse qui nous disait de résister même si nous avions mal aux muscles, même si nous voulions reposer nos pieds sur le sol et de maintenir notre équilibre. Selon elle, c’est dans l’effort qu’on développe une résistance à l’adversité. Elle ajoutait quelque chose comme : « on ne peut pas se douter de la force qu’on a au fond de soi si on ne va pas la chercher ». Je repense à ces mots quand j’ai envie de déclarer forfait. La journée de transport d’hier illustre bien cette idée de résistance.

Vigie Réveil

J’ai failli ne pas me coucher par peur de ne pas entendre le réveil. Un copain a trouvé que c’était une mauvaise idée. Merci à lui, il a fait la vigie réveil. Je me suis endormie un peu inquiète. Pour moi, ne pas entendre le réveil est une des pires choses qui arrivent dans la vie de tous les jours. Mais à 4h30, je me suis réveillée naturellement. Rachid m’a chanté Alicia Keys puis on est descendus. Le taxi pendant la course m’a avoué qu’il avait failli partir car le délai d’attente avait été dépassé. Il m’a raconté qu’il avait été sollicité par des gens voulant prendre la course en charge. Il a dit niet, un mec têtu. Ne pas le trouver, ça aurait pu être la première péripétie du jour.

Fausses notes x 3

En fin de compte, le premier accroc au programme, ça a été l’agent de comptoir qui m’a demandé d’enlever des choses de ma bien trop lourde valise. J’ai constitué un deuxième bagage à mains avec un sac en tissu bien pratique. C’est finalement passé. Il a un peu fait la tête quand je lui ai demandé de patienter pour que je rédige une étiquette bagage. Mais sans ça, mon arrivée à New York aurait été un cauchemar. Note pour plus tard : se munir d’une étiquette en cuir indéchirable.

Escale. Arrivés à Manchester, nous nous rendons au comptoir de transferts pour faire vérifier notre formulaire ESTA qui nous permet d’entrer aux Etats-Unis. Quand l’agent m’a dit que je n’étais pas autorisée à entrer sur le territoire, j’ai senti comme un poids sur les épaules…  J’avais mal entré mon numéro de passeport… Il y a une solution, ça consiste à se rendre, chargée de trois sacs, dans un Internet café et refaire la demande. Pour ça, il faut aller dans l’autre terminal en passant par plusieurs niveaux, en tournant deux fois à gauche puis à droite… Enfin bref, le truc qui paraît impossible quand on est lasse.

A la première personne que j’ai rencontrée, j’ai demandé mon chemin, il a parlé très vite et l’Internet Café me paraissait encore très loin. J’ai dit « je suis tellement fatiguée, je sais pas comment je vais faire pour y arriver… ». Les larmes ont coulé, il fallait, pour relâcher la pression. Il a dit qu’on allait faire mon ESTA dans les bureaux de l’aéroport, il m’a conduit vers un collègue qui l’a fait pour moi. Ils ont été de grands sauveurs sans vraiment s’en rendre compte car toute démarche me paraissait trop difficile compte tenu de mon état de fatigue. Une fois de plus, j’ai eu de la chance car l’avion pour New York avait été retardé, c’est 5 heures que nous devions attendre entre les deux vols au lieu de 3. Bien utile, compte tenu de cette péripétie. L’attente dans l’aéroport de Manchester a paru moins longue que ce que j’aurais pensé, en quelques dizaines de minutes, j’ai eu l’impression de me rendre à la passerelle qui me conduirait vers l’avion.

En tendant ma carte d’embarquement, la fille a reconnu mon nom. Elle s’est tournée et m’a montré une valise. Oui…c’est la mienne mais que s’est-il passé ? Les Rayons X ont mis leur veto sur son passage en soute ? Elle est finalement trop lourde ? L’étiquette à code barre a été arrachée dans le transfert d’avion. Par chance, la petite étiquette d’Air France écrite par mes soins était restée, ils ont pu me retrouver sur leur liste de passagers. Et grâce à la vigilance de cette hôtesse, j’ai été épargnée d’un énorme problème. C’est là que j’ai compris qu’il faut faire deux étiquettes : une accrochée sur sa valise ou même scotchée et une pour l’intérieur du bagage. Ainsi, si l’étiquette extérieur est partie, il y a quand même une adresse. Ca c’est un Irlandais très gentil de Delta qui m’a donné le tuyau. Il a ajouté : « surtout, mettre son adresse de destination et pas celle de résidence ». Quelle chance j’ai eu… Embarquons et prions pour que ma valise arrive sur le tapis roulant.

Mathieu Raylight

Mon voisin était très souriant. A mon accent, il a saisi que j’étais française et quand il m’a parlé j’ai dû le faire répéter. Les Québecquois ont un accent auquel il faut s’habituer. Margot, une de mes meilleures amies, une voyageuse hors pair me l’avait dit: tu vas rencontrer des gens dans l’avion, c’est un des moments sympas de ton voyage. Quelle chance, j’ai eu d’être à côté de Mathieu.

Même si j’étais dans les derniers rangs et que les turbulences ont été du voyage. Même si l’enfant derrière moi a fait bouger mon siège durant toute la durée du voyage en appuyant sur l’écran tactile devant lui comme une petite brute. Malgré tout ça, je n’aurai pas changé de place. Avoir Mathieu à côté de moi, c’était rassurant. Il était tellement souriant et gentil. C’est le compagnon de voyage qu’il me manquait. On a un an de différence. Lui voyageait pour affaire, mais il avait cette décontraction qui doit être naturelle chez lui, on a sympathisé. On a discuté des différences culturelles de nos pays, il m’a demandé à quel âge les jeunes quittaient la maison, à quel âge les gens avaient leur premier enfant. On a eu plusieurs éclats de rire sur les expressions québecquoise et on a trouvé les équivalents français.

C’était intéressant parce que lui non plus il ne connaissait pas des mots comme « apéro » ou « blog ». Non, apéro c’est improvisé, c’est juste après le travail, avant le dîner. Non ce n’est pas comme une fête, ça ne s’organise pas. « Mais, vous autres, vous avez besoin de combien de temps pour organiser une fête..? ». Et voilà une autre différence culturelle : à Montréal, une fête peut s’organiser en 48 heures. Lui m’a brieffé sur les mots, que « nous autres » comme il dit, ils emploient. Merci de m’avoir fait rire avec les « breuvages » et le reste, Mathieu. On reparle de nos échanges dans une vidéo que Mathieu a accepté de faire. Mathieu Raylight (nom de famille fictif), merci pour tout.

Sonder sa peur

Margot m’a aussi dit qu’il se peut que j’ai un peu peur à un moment. Pour elle, ça été à l’aéroport quelques heures avant le début de son Tour du Monde de jeune mariée. Alors, j’ai cherché, je me suis demandée quand allait arriver cette peur… ? A JFK, toujours pas de peur. Dans le taxi que j’ai partagé avec une Française venue faire un échange linguistique dans une famille d’accueil, toujours pas de peur. Je suis arrivée dans l’appartement à 17h30 heure locale, 23h30 en France. La journée avait commencé à 5 heures le matin. Alors quand le détecteur de fumée a fait des siennes, sonnant toutes les minutes, là j’ai eu envie de pleurer. Et je me suis sentie très seule.

Finalement quand on arrive dans un hôtel, on est accueillie, il n’y a plus qu’à poser sa valise mais là j’ai dû prendre l’appartement en main. Trouver le propriétaire ; ouf, on a géré le détecteur en le condamnant, il y en aura un nouveau aujourd’hui. Dimanche..? Pas de considération du dimanche aux Etats-Unis. Bonne nouvelle. Je hais le dimanche, ce ralenti imposé à la population française. Socialement, c’est bien, ça profite à la vie de famille, ça permet aussi d’autres trucs dont je ne développerai pas l’objet ici mais pour moi qui n’aime que les temps morts que je décide, c’est un des inconvénients de la vie en France. Maintenant, je vais passer un mois dans la ville qui ne dort jamais. La chance que j’ai c’est que je ne vis pas dans Manhattan et que, moi, si je souhaite me reposer, il y a du silence.

Enfin ma première journée à New-York

Il est 7h49, je suis réveillée depuis environ une heure. Je vais aller faire un tour dans le quartier, un café, un truc pour petit-déjeuner puis on verra bien la suite. Hier soir, j’étais triste de ne pas vivre les premiers instants de découverte. Je me sentais mal de n’avoir fait qu’un trajet aéroport-appartement et de devoir déjà me mettre au lit. Je crois surtout que je me sentais seule…

J’ai dû aller sonner chez les voisines pour une ultime péripétie. Elles ont été plus qu’accueillantes, elles m’ont fait un bien fou. On est restées une demi-heure ensemble à discuter de ce que je venais faire ici, d’elles. Caroline et Maggie sont encore dans le processus de découverte de la ville, elles sont arrivées il y a sept mois. Ca risque de nous rapprocher. Caroline a trouvé l’idée de ce blog génial. « Ne t’inquiète pas, tu pourras écrire tous les jours, compte tenu de tout ce qui va t’arriver ». Maggie a renchéri puis Caroline a dit qu’elle regrettait de ne pas avoir tenu un journal à son arrivée à New York. Merci Caroline, merci pour ces paroles, c’est exactement la raison pour laquelle j’ai eu envie de faire ce blog. Je vous promets, demain, ce sera plus synthétique. Et surtout, je vous parlerai de New York, mes histoires de transport ça n’aura intéressé que les proches.

Il est 7h57 et New York m’attend.

Premiers pas dans Manhattan: … -AAAD #02

Le terrible périple a trouvé sa fin samedi soir à 20 heures quand je suis allée dormir. Une chance de se coucher en soirée pour éviter le décalage horaire qui se fait ensuite sentir sur plusieurs jours. J’écris ce billet mardi 3 août, avec un peu de retard dû à un problème de connexion et je peux déjà dire que je ne souffre pas trop du décalage mais plus de la fatigue accumulée avant d’arriver. Cependant ça ne m’empêche pas de me réveiller chaque nuit à 3 heures, soit 9 heures du matin, heure française. L’esprit a beau tout faire pour favoriser une bonne immersion dans le pays d’arrivée, le corps n’oublie pas.

Mes débuts à New York

Ma première journée à New York a commencé dimanche. Depuis que je suis ici, j’ouvre des yeux neufs sur la culture américaine mais je me fais souvent la réflexion de ce que penserait un Américain dans la même situation que moi, vivant la même situation à Paris, dans le cas présent, un dimanche. Je pense qu’il aurait un choc culturel. Comment ça, la boulangerie est fermée ? Et s’il a besoin d’un médicament, comment lui expliquer qu’il y a bien une pharmacie de garde dans le quartier mais que je ne saurais lui dire où celle-ci est située et que non, on ne peut pas regarder sur Internet pour avoir cette information. Ici, la pharmacie est ouverte 24/24, tous les jours et ça comprend aussi toute une partie du magasin consacrée aux produits de beauté, à quelques produits alimentaires et à un coin photo.

J’ai voyagé plusieurs fois seule en Italie et en Espagne et même si je ne vivais pas en appartement, j’allais toujours visiter les supermarchés. C’est un moyen de se rendre compte de la manière dont les gens vivent leur vie de tous les jours. Ici, les médicaments sont à portée de main, on les ajoute à son panier comme un paquet de farine. Une fois ce passage effectué pour remplir le réfrigérateur et acheter les produits que je n’avais pas mis dans ma valise, d’une part pour l’alléger (nb : trois kilos en trois sans les cosmétiques) et d’autre part car j’aime acheter les produits locaux, je suis allée à la rencontre de Manhattan.

J’ai acheté mon pass métro pour le mois qui m’a semblé bien trop fragile. C’est un petit papier rectangulaire plus que souple avec une bande magnétique. 89 dollars pour avoir

accès au métro de façon illimitée ça me paraît bien. C’est à peu de chose près l’équivalent du tarif parisien.

J’ai un petit souci dans la vie : je suis assez dépendante d’Internet. Je peux m’en passer pendant plusieurs jours si je suis loin de la folie d’une ville et que le temps s’arrête grâce à des moments bucoliques avec chants d’oiseaux pour parachever le tout. Mais du moment que je suis dans ma vie quotidienne, même à l’autre bout du monde, je ressens le besoin d’être connectée à Internet. Alors, avoir un Ipod Touch qui ofrre la possibilité de se connecter en Wi-Fi m’a paru une bonne idée. En route pour l’Apple Store sur la 5ème Avenue. Dans le métro, quelques minutes avant de descendre, je parle avec Rob qui a une très belle longboard (cf photos dans le slideshow AAAD #02). Il me confie que ce n’est pas si difficile alors on convient qu’il me montrera. Avec tout ça, je manque la station et ce fut une bonne chose. Note pour plus tard : lorsque l’on a un but de promenade, descendre à une ou deux stations avant ou après afin de prendre le pouls de la ville.

Manhattan m’a embrassé

Si j’étais sortie du métro à 5th Avenue / 59th Street, je n’aurai pas eu cette impression de gigantisme puisque la station est en bordure de Central Park. La première chose que j’ai vue de Manhattan c’est la 7th Avenue. L’étroitesse des rues, les taxis jaunes de mes clichés new-yorkais, la hauteur des building, j’ai vu tout ça d’un coup. Je pense que je n’ai jamais ressentie ça, même à Venise qui était un des très beaux voyages que j’ai pu faire… J’ai été submergée d’émotions, papillons dans le ventre, larmes au coin des yeux, je me suis sentie un peu ridicule, je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Sans doute l’émotion d’avoir tant attendu de vivre ce moment, soit depuis environ l’âge de mes dix ans.

A nouveau, je me suis mis à la place d’un voyageur américain qui découvre Rome ou Paris. Lorqu’on est habituée à une ville érigée de façon symétrique, avec des rues qui donnent la direction de la rose des vents, comment fait-on pour se retrouver dans une ville comme Paris ou Rome.. ? Quant à Venise, se perdre est le propre de la cité des Doges. Rejoindre la 5ème Avenue n’a pas été difficile, j’ai croisé plusieurs rues perpendiculaires et j’ai trouvé cet endroit gorgé de touristes, avec du français qui teintait à mes oreilles tous les dix mètres.

Lorsque je voyage seule, je fais en sorte de vivre comme une habitante, je préfère les Birkenstocks aux baskets, le sac à main au sac à dos, et le guide reste à la maison sauf impératifs. Hors de question d’être homologuée touriste de passage. Et comme je ne parle pas à quelqu’un, mon expression ne trahit pas mon origine, personne ne peut savoir que je suis en voyage.

Arrivée à l’Apple Store, j’ai ressentie une curieuse similitude entre l’entrée du musée du Louvre et celle de l’Apple Store qui se trouve lui-aussi en sous-sol, avec accès par un escalier à colimaçons, le tout visible par transparence. On m’avait prévu une foule assez importante. J’ai eu de la chance, Michelle a pris en charge ma demande, a répondu à mes questions. Je me suis sentie « valued me like a customer » comme ils disent ici, quelque chose qu’on ne ressent pas assez en France selon moi (A l’intention d’Alex : tu kiffes cette tirade… ? Hi-hi-hi).

Michelle a ensuite attendu que je choisisse la housse qui va bien pour terminer la commande. J’ai été assez désespérée de voir les longues files d’attente mais comme je payais par Carte Bleue, Michelle a pu prendre mon paiement en scannant les codes barres avec son I-pod Touch. Fantastique d’avancée technologique. Le ticket de paiement me sera envoyé par e-mail. Je lui ai confié mon excitation d’avoir un I-Touch: « J’adore les chaussures mais je préfère la technologie aux chaussures », elle de rebondir : « En plus, cela te durera plus longtemps et tu n’auras pas mal ! ». J’ai adoré mon passage à l’Apple Store, merci Michelle, merci pour l’attention que tu m’as accordée compte tenu de la foule.

J’étais un peu fatiguée. Il était sept heures du soir et on m’avait dit qu’il n’était pas bon de se promener à la tombée de la nuit à New York. Cependant, Central Park me tendait les bras, c’était juste à la sortie de l’Apple Store. Un passage devant des breakdanseurs (cf Video AAAD #02) et j’entre dans le parc. Ca correspond aux clichés que j’avais vu, les gratte-ciels dominent le parc. Il y a même une mini fête foraine. Ma voisine Caroline m’a conseillé de prendre une journée entière pour le visiter. Il y a tant de choses à voir à l’intérieur. Il se peut qu’on y aille ensemble et qu’on loue des vélos pour traverser le parc.

J’y ai vu des petits concerts improvisés, des gens qui se lâchaient complètement (cf Video AAAD #02), des joggers qui se mettaient à danser. Les arbres sont aussi magnifiques et on croise très souvent des étangs et des collines faites de gros cailloux. Le jour tombait vraiment alors je me suis vite dirigée vers la sortie.

Une bonne expérience cette première journée : la 5ème Avenue, Central Park et un passage à l’Apple Store, des classiques. Demain, on verra bien, je me laisserai portée par l’envie du moment. Ce qui est bien de rester un mois quelque part c’est qu’on n’a pas à visiter en courant après le temps. Le temps c’est de l’argent, oui, mais parfois on oublie comment avoir le temps peut aussi avoir  beaucoup de valeur.

Times Square vs une soirée américaine: 0 / 1 – AAAD #03

Quand j’ai dit que j’allais partir à New York autour de moi, une des choses qui revenait le plus régulièrement était : « tu vas avoir très chaud ». Oui, c’est vrai il fait chaud mais pas autant qu’en Turquie où je suis allée plusieurs fois. Quand on a trop chaud, on peut entrer dans des endroits très frais, seulement, ils sont beaucoup trop frais. La climatisation est un mode de vie ici. Au supermarché, dans le métro, dans les restaurants, à la bibliothèque, tout lieu public en est équipé. Afin de ne pas me transformer en Miss Freeze, un pashmina dans mon sac et je lutte contre le froid. Je dois bien être la seule à faire ça. Je suis actuellement à la bibliothèque municipale et il fait tellement froid que ça me donne la migraine…

Mais c’est New York donc il n’y a aucune raison de ne pas prendre cela du bon côté, je note juste une différence culturelle, une de celles qui avec la qualité du service qu’on trouve ici et malheureusement la non-politique de recyclage me marque depuis mon arrivée à New York samedi 31 juillet.

Lundi, j’ai passé une journée assez peu touristique puisque j’ai pris pas mal de temps pour chatter et mettre à jour mon blog depuis le Starbucks café. Ce qui est bien entendu ridicule puisqu’il y a tant à voir ici. Cependant, prendre le temps de vivre et écrire pour ce blog fait partie de mon programme pour les vacances. Peut-être que c’est difficile à comprendre mais je ne veux pas passer mes journées à courir les musées et les lieux touristiques. Venir à New York est aussi un moyen de découvrir la vie quotidienne d’un citoyen new-yorkais.

Champs Elysées, Times Square : même combat

Après avoir expérimenté la culpabilité d’avoir passé une partie de l’après-midi au Starbucks, je me suis débarrassée de l’ordinateur et j’ai pris le métro. Une fois dans le train, je ne savais pas vraiment quel était le but de mon trajet. Et puis, j’ai choisi de m’arrêter à Times Square. J’avais vu des reportages et je savais comment serait ce quartier de la ville. J’avais de gros doutes sur le fait que ça puisse me plaire. Cependant, c’est quelque chose qu’il me fallait voir alors j’y suis allée. Pauvre de moi, einh… ?

Ridicule de « se forcer » d’aller à Times Square… ! Sauf que pour ceux qui comme moi détestent les endroits qui ressemblent aux Champs Elysées, remplis de touristes, de rabatteurs, peut-être puis-je avoir votre clémence… J’ai passé la soirée avec mes voisines et je leur ai confié ma vision de Times Square. J’ai pris des gants car elles travaillent toutes dans un restaurant situé dans cette partie exacte de la ville. Mais elles m’ont approuvé. L’une d’entre elles, grande voyageuse, passionnante Lucaya, m’a même dit que c’était une bonne chose que je n’aime pas Times Square. Lucaya voyage beaucoup et elle a vécu deux semaines à Paris ; l’analogie Champs Elysées-Times Square lui a a paru bonne.

C’est sympa de voir tous ces néons allumés, ces plasmas géants sur des immeubles mais ça ne me séduit pas plus que ça. Néanmoins, j’ai fait deux vidéos pour vous donner un aperçu de ce qu’on y voit. Je sais que dans quelques mois, je serai bienheureuse de revoir Times Square…

 

Une soirée américaine

Une fois ceci accompli, je suis rentrée à l’appartement. Les voisines m’ont invité à aller voir un film en plein air. En chemin, elles m’apprennent que c’est West Side Story qui sera projeté sur un écran dans le parc qui donne sur le pont du Queens. Plus New York, tu peux pas… Nous entrons dans une épicerie et Caroline me familiarise aux snacks que les Américains mangent au cinéma. J’achète donc des Raisinets, des raisins de Corynthe enrobés de chocolat au lait. Trop sucré pour moi mais j’aurai découvert quelque chose de nouveau.

Arrivées au parc, nous apprenons que ce soir sera un soir sans film dans le parc. En même temps, on est huit filles donc on a de quoi faire pour ne pas s’ennuyer. Les filles parlent de moi comme la voisine française qui va vivre un mois à New York, elles ont l’air contente de me présenter à leurs amies. Et moi donc ! Moi qui voulais rencontrer des gens, je suis une bienheureuse ! Nous parlons de ce que je suis venue faire à New York et je leur dis que ce qui m’intéresse le plus c’est de vivre à leur manière, de faire des choses que les jeunes font. D’aller au karaoké, à la plage, danser. Je leur dit que je serais super tentée d’aller voir une comédie musicale. Je suis une nouvelle fois chanceuse car Maggie, Erin et Christina travaillent dans ce secteur. Certaines sont plus avancées que les autres mais je n’ai aucun doute sur la destinée de chacune d’entre elles. J’irais donc voir une comédie musicale bien choisie et le moins attrape-touristes possible. Merci les voisines.

Maggie, Caroline et Anna qui vivent au dessus de chez moi sont arrivés il y a un peu plus de six mois, elles ont encore des choses à découvrir. Elles me proposent d’aller voir des choses avec moi comme le Musée d’immigration d’Ellis Island ou Central Park. Je serais ravie de les avoir à mes côtés et qu’elles me montrent leurs endroits préférés à New York.

Sur le chemin du retour, Caroline me demande de lui parler français. Avec Anna, c’est l’une des filles qui a le plus envie de parler ma langue. Caroline a appris le français au lycée, elle se débrouille bien et elle s’exprime avec cet accent que j’adore. Nous montons chez les filles pour prendre un verre et d’un coup j’ai vraiment l’impression d’être immergée dans le pays.

Je suis en train de vivre une soirée américaine comme le vivent tous les jeunes de ce pays. Pour moi, ça vaut tous les Rockfeller et les Chrysler Building de la ville… Ce soir-là, j’ai entendu pas mal de choses qui m’ont surpris, ces choses me reviendront peut-être à l’esprit mais il y a malheureusement 36 heures qui ont passé. Objectif de ces prochains jours : ne plus avoir que 12 heures ou alors moins de 24 heures pour raconter la journée passée. Ce soir, j’ai invité les filles à venir boire un verre à la maison, ce sera une autre jolie soirée américaine.

Marcher au hasard – AAAD #04

NB for English spoken people: this article will be soon translated

Ces derniers jours ont été assez pleins de choses à faire, d’un peu de mollesse et surtout la connexion Internet m’a freiné dans la régularité de ce blog. Depuis trois jours, je compte les jours de retard et ça ne va pas en s’arrangeant. Rattraper le retard c’est aussi passer beaucoup d’heures à écrire alors pour arrêter cette escalade de culpabilité à n’avoir pas écrit en temps et en heures, je vais être synthétique. Une bonne gageure diront ceux qui me connaissent…

J’ai écrit le matin du mardi, mis en ligne mon article sur la journée de lundi dans un Internet Café. Je suis passée dans un bureau d’une copine pour vérifier quelque chose et je n’étais pas peu fière de l’avoir trouvé. J’ai préféré marché depuis la station qui était sur ma ligne plutôt que faire un changement et me retrouver près du bureau. Quand on commence à maîtriser la géographie de la ville où l’on se trouve, on se sent trop cool… C’était à côté de 5th Avenue alors en sortant, j’ai à nouveau marché dans cette avenue légendaire (mais pourquoi… ?). La foule de dimanche est en fait habituelle, c’est toujours comme ça, rien à voir avec le jour de la semaine.

Au gré de la promenade

Les avenues à Manhattan sont très longues. Dans ma naïveté, j’ai cru que je pourrais atteindre Downtown et finalement, je me suis arrêtée à la hauteur de l’Iron Flat, à la 23rd Street pour rentrer. Au cours de ma balade sur la 5ème, j’ai vu des gens se diriger vers une montée de marches dans un bâtiment qui paraissait bien joli.

J’ai suivi la plèbe, beaucoup avaient le package touriste -sac à dos– baskets– guide -appareil numérique- mais j’ai quand même voulu voir. C’était la New York Public Library. En découvrant les salles de lecture, j’y ai vu comme une similitude avec la bibliothèque fétiche qui a bercé mon université : la Bibliothèque Sainte-Genevieve du Panthéon. En vérité, avec ces peintures majestueuses, la NYPL est beaucoup plus proche de la BU de la Sorbonne mais j’y ai trouvé l’atmosphère propre à cette merveilleuse BSG. La surprise a été les toilettes de la bibliothèque : du marbre partout !

Entre la 40th street et la 23rd street je n’ai croisé pratiquement que des magasins de souvenirs. Au secours ! Mais pourquoi rapportent-ils ce genre d’objets débiles… ? Jamais jamais jamais je ne veux entrer dans ces magasins, dans aucun pays. Marcher a eu du bon car je suis tombée sur ce cliché new-yorkais que je voulais voir depuis longtemps, l’Iron Flat. Et comme je ne lis pas mon guide touristique, je découvre au hasard. Je fais exprès, c’est comme tester le pouvoir du hasard, j’adore.

Magic Anna

Le soir, une des mes voisines, la délicieuse Anna, est passée à la maison pour me donner des tuyaux sur la vie locale et essayer de m’aider avec mon accès Internet. Tiens, voici un site Internet pour t’aider dans tes trajets. Ca c’est Time Out New York pour trouver des trucs sympas à faire. Et pour les restau, tu peux aller sur Yeld. Ton micro-ondes ne marche pas, bouge pas, je monte te faire chauffer ton dîner ! Tu n’as pas Internet, tu peux prendre mon ordinateur pour quelques heures, je ne m’en sers pas ! Wow, tant de sens de l’hospitalité m’a bluffé.

Times Square vs a brilliant having fun evening with the girls : 0 / 1 – AAAD #03

 

NB for French people : la version française est ici

When I said that I’ll spend my summer in New York, one of the things people have given to me is « New York is pretty hot on Summer ». Yep, it’s kind of hot but not as much as in Turkey where I’ve already been several times. When it comes that it’s too hot, you may enter public places really cool but as for me they are unfortunately too much coldy. Air Climate is a way of life here. At the supermarket, in the metro, when you’re in restaurant, at the library, it’s everywhere. In order to not enjoy life as a Miss Freeze, I’m having my pashmina in my purse and I fight cold thanks to that piece. I’m probably the only single person to do that in the area. I’m writing this from the public library and I can tell that I’m so cold, I have headakes.

But it’s New York so I’m taking that on the bright side. I’m just noticing that’s it’s one of the cultural gaps that has astonished me such as the high level quality of service you have here and the unfortunate no-recycling policy. These are things I have noticed since I arrived on Saturday, July, 31st.

I spent a quite no-sightseeing day on Monday coz I’d time with my friends chatting and I had to update the blog live from Starbucks Cafe. That’s so silly when you know how much there are things to see around here. But, I definitely want to have the time to live without clockrunning and then writing for this blog is a huge part of the aim ot this stay. Maybe, it’s difficult for people to figure it out but I dont’ want to spend the time running from one museum to an other sightseeing place. Coming to New York is also a way to discover the American way of life.

 

Champs-Elysées vs Times Square : 0-0

I felt really guilty to left the flat at 5 :00 PM. Being rid of this tempting computer, I took the metro. I did not know where my journey will end. And then, I decided to enjoy the marvellous sightseeing of Times Square. I’ve seen reports on New York and I knew that this part of the city is definitely not for me. But this was something I need to see so I must go. Poor girl, emh.. ?

Facing Times Square as something unlikable is silly I know… ! But as for people who like me are not keen on areas which look like as Champs-Elysées, full of bunch of tourists, sellers, maybe you will be agree with me… I spent the evening with my neighbours and I gave them my thought about what Times Square looks to me. I’ve given my thought carefully coz they’re all working in a restaurant based in Times Square. Lucaya travels a lot, she spent two days in Paris. To her, using the Champs-Elysées analogy seemed fair.

It’s great to see all those lights turned on, this giant plasma on buildings but that’s not the kind of things I’m keen on. But, I uploaded two videos in order to let you enjoy the maybe so-called magicness of Times Square. I can say now that I’ll be happy to see those in several months…

An American evening

Once I have done that sightseeing, I came back home. The neighbours asked me to join hem for an outside moovie in the Park. As we walked, they said to me the release tonight was West Side Story. We were seeing Queens Bridge from the Park, a more New York moment cannot be existing as for now… In a grocery, Caroline helped me to buy what most American snacks people are having for the moovies. I buy Raisinets, some grappes with a milk chocolate topping. That’s way too much sugar for myself but at least I’d have discovered something new.

In the Park, we’ve been said that’s the movie is not gonna happen. But we are eight chatty girls so we might have some fun. The girls introduced me to their friends as the French girl living beside them who gonna spent the month in New York. They seemed happy to introduce me. So do I ! I wanted to meet people, now I’m a happy few ! We’re talking about what I’m doing here. I tell them that I wish to live as an American woman here, not as a tourist. Doing something young peoples are doing, karaoke, beach, disco. I wish also to see a musical. Well, I’m very lucky coz Maggie, Erin and Christina are working in that field. Some of them have already been on a tour show and I have no doubt about the bright future of every of them. I will see a really carefully chosen musical which will not be the one every French people are seing when they’re visiting New York. Thank you girls.

Maggie, Caroline and Anna are living on the next floor. They arrived in New York like six months ago. They still have things to discover. They said to me we might be able to sightsee with me like going to the Ellis Island Museum or in Central Park. I’ll be happy to have them next to me and that they show their favorite places in New York.

Coming back home, Caroline asks me to speak French. Anna and her, are the ones who fancy speaking French. Caroline learnt French when she was in Highschool. She speaks a quite good French with that exquise accent that I love. We go to the girl’s to have a drink and by now I feel really American.

I’m now having this American evening I dreamt about like an average Amercican young people. As for me, it values the Rockfeller and Chrysler Buildings from the city… Tonight, I’ve heard lots of things that has surprised me. As for now, I can’t figure out what was those things. I hope those will come back in my mind but unfortunately 36 hours have passed since I lived that moment. Aim of the next days : no more than 24 hours to write things I’ve experienced. Tonight, the girls are coming home to share a drink. This will be an other great American evening.

First sightseeing in Manhattan: so wow – AAAD #02

NB for French people : la version française est ici

This chaotic travel ended Saturday evening at 8 :00 when I reach my final fully deserved destination aka my bed. I was lucky to go to bed at night, after flying. It helped me to not too much suffered from the jet-lag you feel even if you arrived since a couple of days. I’m writing this on Tuesday, August, 3rd because my Internet acces is shut down for a while and I can assume by now that I’m not jet-lagged. My tireness of the moment is because of the difficulties to sleep I experienced before coming. Still, I’m awake everyday at 3 :00 AM, that’s 9 :00 PM in France. Your mind maybe so adaptable, the body did not forget about his own schedules.

First steps in New York

My first day in New York was a Sunday. Since, I’m here, I’m having a new look about American culture which I know probably nothing about. I oftenly trying to figure it out about what an American would think about the Parisian way of life and on a Sunday Parisian way of life for example. I just presume he would have a cultural shock. How the Baker’s can be closed ? And about the pharmacy, how one can possibly make up to his mind that there might be a pharmacy in the neighbourhood that is opened but since it’s some keeping-opened service, there’s no clue to find which of the pharmacy is opened on this particuliar Sunday. In New York, pharmacy opens everyday, 24 hours a day. And you can’t only reach medecines, you’re also able to find cosmetics, food and even a machine to print your pix.

I travelled by myself in Italy and in Spain and even if I did not live in a flat, I was always going into supermarkets. It helps you to find out how people are living their everyday life. Here, medecines are reachable, you add them to your basket like of a box of flour. After this need for food and cosmetics done, I went to grasp Manhattan.

I bought my metro pass for a month. It seems to me really fragile. It’s a very slim shit of paper with a magnetic band. I payed 89 $ to have the illimitated access to metro, well that’s fair. It’s about the same price for a Parisian metro pass.

There’s something in my life I must be ashamed but I can’t really manage it : I’m a fully Internet dependent woman. I can enjoy life without a Wi-Fi access but that’s only if I’m far away from the crazyness of a city and that the times stop because I’m enjoying life through Nature and birds singing. But this cannot occurs in my everyday life even if I’m really far away from home. So I assume that having an I-Touch which can be connected to Wi-Fi seemed a great idea. Aim : going to the Apple Store on 5th Avenue. In the train, I speak to Rob who has a really beautiful longboard (cf pictures in the slideshow AAAD #2). He says to me that ‘s it’s less difficult that I can imagine so we plan that he’ll show me. The chatting made me miss my station and that has be a chance. For the record : next time I want to go somewhere, get down in the neighbourhood but not in the right place to enjoy fully the area.

I assume Manhattan just kissed me

If I had been getting down at 5th Avenue / 59th Street, I must not had this feeling that everything were giant coz the metro station is next to Central Park. The first thing I saw about Manhattan was the 7th Avenue. The narrowness of the streets, the yellow cab from my New York cliches, the highness of the buildings, I’ve seen all of these in an amount of three seconds.  I presume that I’ve never experienced that feeling, even in Venice, Italy, which was one of the most beautiful travel that I had the chance to have… I was so mooved, my stomach was upside down, tears about to fall. I felt a little bit ridiculous, I dit not get what was occuring to me. Maybe it’s about the fact that I’d be waiting for this moment since so much time, since I’m ten exactly.

Once again, I try to think about how an American would be able to visit Rome or Paris. Indeed, when you’re used to a square ericted city, where every streets are symetrical, when streets are named in fonction of the direction, how could you possibly orientate yourself in a city build like Paris or Roma.. ? As for Venice, Italy, being lost that’s the thing about the Doge cité. So going to the 5th Avenue has been a piece of cake to me. I just crossed some streets and then I find a place crowded with tourists, and heard French every ten metters.

When I’m travelling by myself, I try to live as a citizen. I prefer Birkenstocks to baskets, purse to a big bag and the travel guide stays at home. I do not want to be a tourist girl. And since I’m not speaking to someone, one’s cannot notice hearing me that I’m here for sightseeing.

At the Apple Store, I notice that the entrance was similar to ones’s in Louvre which is also in a basement that one’s access helped by a turning stair. And like the Louvre, when you’re on the street, you can see because of the glasses what occurs in the shop. My friends said to me this will be fully crowdy because of the Sunday. But, I was lucky, I was helped by Michelle who answered very well my questions. She gave me attention, something in France, customers are not enough feeling in my point of view (Alexis, this line is for you).

Then Michelle waited for me to choose the right protection for my new purchase. I was a bit desperate to see the waiting lines but as I was paying with my Visa card, she took my payement scanning the things with her I-Touch. Marvellous technology, I’ve loved that ! The ticket will be sent to me by e-mail. I said to Michelle « I’m so excited about this. I might be a shoe-lover but not as much as I’m a technology-lover ». She answered : « And then, this will last you more than shoes and at least, you won’t be injured ! ». I’ve loved my visit to the Apple Store. Thanks Michelle, thank you for the time you gave me in that crowdy afternoon.

I was a bit tired, it was seven and I have been said that it’s not a good thing to be alone at night in New York. But, Central Park was asking me to come, it was so next to the Apple Store. I’ve enjoyed breakdancers (cf Video AAAD #02) and I entered the Park. It’s like the pictures I’ve seen, the skyscrappers are fully above the Park. There’s even a small fair. My neighbour Caroline said to me to have one day long in Central Park. There’s so many things to see. We might go together and rent some bikes to enjoy the Park.

I’ve seen gigs in front of which there were people that decides to leave shyness in the closet (cf Video AAAD #02), some joggers that were dancing, having a break into their running. The threes are really beautiful and I’ve crossed oftenly some little lakes and some hills made by huge stones. But the day was falling down so I stepped to the gate.

I had a really great experience today : 5th Avenue, Central Park and a stop by the Apple Store, some classics. Tomorrow, we’ll see, I might be mooved by some other things I want to do at the moment. That’s what is good about staying one month in a place : you dont’ have to run the clock. Time is money, that’s true but sometimes we’re not enough aware about how having time is a great value.

You have to deserve New York – AAAD #01

NB for French people : la version française est ici

I left Paris really really tired. If I have been noticed about what will happen during my travel to New York, I’d have been desperate. Sometimes when things are difficult, I’m thinking about what my dance teacher Irene used to say when we were practicing through pain. She was saying that you can’t feel how strong you are if you’re not practicing when you’re about to collapse. I’m thinking about those words when I’m about to abandon something. What happened yesterday makes me think about what Irene used to say.

Alarm-clock watcher

I was about to stay alive in order to be awake at 4 :30 AM. A friend thought my travel will be too difficult in that case and came to sleep at home to be an alarm-clock watcher. Open my eyes and discovering that I did’nt wake up is one of my big fear. But, at 4 :30 AM, I was awake even without hearing the delicate song of Rachid’s phone. Then, Rachid sung for me Alicia Keys and we get out. The taxi driver said to me that he was just about to leave when I came to him. He has even been offered to pay for his charge by other travellers in a urgent need of a cab. He said no. Didn’t find him would have been the first issue of the day.

Issues x 3

 

Actually the first issue occured at Charles de Gaulle when the Air France employee asked me to withdraw things from my huge heavy suitcase. I’d put stuffs in a second hand luggage and he felt that the weight was now reasonnable. I begged him for adding a name label to my suitcase. Fortunately he accepted to wait for that. Without that piece, my arrival in New York would have been a nightmare. For the future: buy a solid label.

Transfert. Arrival in Manchester, we were going to the transfert desk in order to have our ESTA apply checked. The employee said to me I will not be authorized to enter America. I’ve made a mistake filling the application.  I felt totally desperate. There was something that I could do : it consits to go to the Internet café in an other terminal with my three bags, step to one level then to an other one several times, turn here and there and… Some stuffs that appears totally undoable when you are exhausted.

I asked the first person that I met where I had to got. He spoke so quickly that the Internet Cafe seemed really unreachable. I’d just said : « I’m sorry, I’m so tired, I don’t know how I possibly could do that ». Then, tears on my cheeks, it was a need in order to let the pression goes down. He offered kindly to help me. He said to me that I’m gonna have my ESTA apply done in an airport office. He drove me to a collegue who made the application for me. The two have been some heros to me, I was so in need because of my tireness… One more time, I’d been lucky : the New York plane had been delayed. We were supposed to wait for 3 hours, now it’s 5 which had been really nice considering my ESTA issue. Finally, waiting in Manchester airport seemed really quick.

Presenting my boarding card, the lady discovered that the lost luggage’s mysterious passenger is yet arrived. Yes, this belongs to me but what happened ? Had X-ray been putting a veto to my coming ? The suitcase is actually too heavy ? Finally, the company label had been removed accidently. I’d been lucky, the label I’d just put three hours before, begging the employee, was ok. They had the chance to find me on passenger’s list. And now, I know that you need two labels for your suitcase. One on the luggage and one on the top of your clothes in it. Thus, as said this kindly Irish Delta Airlines employee, you could be found even if the label had been removed. He adviced to mark your final destination adress and not your home’s. I was so lucky. I hope my suitcase will be ok.

Mathieu Raylight

The passenger next to me was really smilly. My accent helps him to find where I come from. He spoke me French but I neeeded him to repeat his words. Quebec people have this accent you have to be used to hear before understanding their words well. One of my best friends, Margot, said to me that I’m gonna meet people in the plane which is a really pleasant moment during your travel. I was so lucky travelling next to him.

Even if I was sitting in the back of the plane which has not been a good thing during the motions. Even if the boy in my back was annoying me touching the pad on the back of my seat. Even after all, I would not have exchanged my room. Being next to Mathieu has been a release during that long long travel. He was smilly and kind, exactly the travel friend that I did not have next to me. There’s only a one year gap between he and me. He was travelling for business but he had that way of being that must be natural when you’re him and we chat nicely. We spoke about the cultural gap between our countries. He asked me at what time did young people are taking their independance, at what time did they have their first child. We have laught about his quebecquian expressions and we found the French equal words.

This was really interesting, because neither him knows some words like « apero » or « blog ». I explain to him : « Apero, it’s something you’re making impro, it’s just after work, before dinner. It’s not like a party, it must been no organized ». « But, you need how many time to organize a party ? », he asked. And then, a new cultural gap : in Montreal, a party can exist thanks to only an amount of 48 hours. He helped me on words that French are not using. Thanks for making me laught with the « breuvages » (that means soft drinks) and the rest, Mathieu. We recorded a video about that. Mathieu Raylight (fictive last name), thanks for everything.

Dumping one’s own fear

My friend Margot also said to me that I would feel a bit afraid at one moment. For her, it has occured at the airport before her bride’s world travel. So, I checked, I asked myself when this gonna occurs… ? At JFK, no fear already. In the cab shared with a French girl travelling thanks to a family that welcomes her, no fear. I arrived in the flat at 5.30 PM, local time, it t-was 11 :30 in France. The day had begun at 5 in the morning. So when the smoke watcher was ringing loudly every minute, I was about to cry. And I felt really lonely.

When you check in a hotel, you’re welcomed, you just have to drop your luggage into you room. That time, I had to fix some things. Find the owner. Yeah, we finally succeed in stopping the smoke watcher. There will be a new one today. It’s Sunday but it’s not a country where people are not working on Sundays. Good news, I hate Sundays, this quiet day during which you can’t do all the thing you want when you live in France. Socially, it’s nice, it offers people to enjoy a family day and it helps them with other stuffs I’m not gonna develop here. I’m not so keen on dead times, for me that’s one of the awkwards of living in France. Now, I’m gonna spend one month in the city that nevers sleep. The nice thing is that I’m not living in Manhattan so, if I want to sleep, it’s quiet.

Finally, my first day in New York

It’s 7 :49, I’m awake since one hour. I’m gonna go in the neighbourhood finding a coffee place and then we’ll see. Yesterday evening, I felt sorry to not have visited some places. I felt unwell to have only see the city through an airport reaching home balad. I needed to sleep and I did not want to. I think that I was feeling too much alone…

I needed to go to the neighbours for an ulitmate issue. They have been more than warm to me. They gave me something I need : words. We stayed half an hour together chatting about what I’m doing here, about their life in New York. Caroline and Maggie are still in the New York discovering process. They arrived seven month ago. I think it will helps to make us know each others. Caroline felt excited about that blog. « Don’t worry, you’ll be able to write every single day considering all the things that will happen to you ».  Maggie approoved her and Caroline said that she was feeling sorry not had written words about her New York arrival. Thanks, Caroline, thanks for those words, that’s exactly why I’ll be doing this blog. I promise, tomorow, my words will be more synthetic. And moreover, I’ll speak about New York coz my travel stories might have only interest my folks.

It’s now 7 :57 AM and New York is waiting for me.